Henri Gottburg: « C’est le plus beau des métiers »

« J’aurais seize ans aujourd’hui, je referais couvreur ! Bevaix est mon village ! Les Bevaisans m’ont acceptés, ils m’ont fait vivre ! »

Après un détour par le Dannemark, Henri Gottburg est venu d’Allemagne du Nord en 1953, chassé par le chômage. Il a trouvé refuge à Bevaix. Il a travaillé comme couvreur chez Jules Robert,à Bevaix, jusqu’en 1964, puis pendant deux ans à St-Aubin, chez Fernand Borioli, avant de se mettre à son compte le 2 mars 1966. Son premier client à été la commune de Gorgier et il a engagé un saisonnier au courant de l’année, puis des auxiliaires, des tâcherons du village. L’entreprise était installée dans une petite écurie à veaux, au centre du village. Le premier client – Henri a soigneusement gardé ses cahiers d’alors – fut la commune de Gorgier. L’entreprise a prospéré, Henri a loué un hangar, aux Sagnes, il avait alors 4-5 ouvriers. Et en 1970, il a repris une ancienne ferme, aux Vergers 11, où il habite toujours. Il a eu jusqu’à 12 ouvriers, notamment lorsqu’il était actif dans la construction de villas préfabriquées, pendant 10 ans. « Nous avons monté 65 villas à Chavannes-de-Bogis. »


Doris à ses côtés



Sa carrière, Henri l’a menée main dans la main avec Doris, son épouse. Doris Mayer avait quitté Stuttgart pour voir du pays, elle avait dix-huit ans, elle était employée à la boulangerie de Couvet depuis deux ans… Ils se sont mariés, ont eu trois enfants – Elke, Monique et Francis – et ont toujours travaillé ensemble au sein de l’entreprise, Henri sur les chantiers et Doris au bureau.

Coup dur et coup de main…

Le parcours professionnel d’Henri n’a pas été toujours facile, même s’il l’évoque avec un bel enthousiasme. En 1970, Henri est passé à travers un plafond. Le choc a été très violent et Henri a été atteint à la colonne vertébrale. Le pronostic était très dur, Henri était condamné à la chaise roulante… Doris a mené l’entreprise (tout en gérant son ménage, ses enfants et les visites à l’hôpital) grâce à un employé modèle, Jean-Claude Michel, qui a pris les choses en main. Dessinateur en machines au chômage, il avait été engagé comme manœuvre chez Gottburg, il était présent lors de l’accident. Il a dirigé l’entreprise pendant la difficile période de convalescence de son patron (qui remarche!). Depuis plus de 30 ans, Jean-Claude Michel est contremaître de l’entreprise !

« Je n’ai jamais manqué de travail, je ne suis jamais resté un seul jour à la maison parce que je n’en avais pas ! Les habitants de Bevaix m’ont toujours soutenu, ils m’ont toujours donné du travail », affirme avec reconnaissance Henri qui regarde avec enthousiasme ces 53 ans passés à Bevaix.


Le fils se lance

Francis Gottburg a fait un apprentissage de bureau chez Eternit, à Neuchâtel, puis de couvreur chez Hubschmied, à Ins, avant d’être employé chez son père. D’entente avec lui, il a souhaité s’émanciper, « travailler avec des jeunes » et à créé Gottburg toitures et façades le 15 février 1996. Huit mois plus tard, le 29 octobre, il a racheté l’entreprise Sprunger, de Neuchâtel. Et lorsque son père a été en âge de retraite, l’année suivante, Francis a repris l’entreprise Gottburg.

Depuis 2001, l’entreprise s’est aussi diversifiée en s’associant à A.Gerber SA (ferblanterie, installations sanitaires) en un consortium qui réalise des façades ventilées. Et Henri de rappeler qu’il avait fait de même avec son collègue Frédy Zwahlen de 1987 à 1997.

Des locaux d’exception

Après l’Expo.02, Gottburg et A. Gerber SA ont acquis le pavillon de Novartis. « Biopolis » a été remonté presque à l’identique sur le plateau de la gare de Boudry. Gottburg y a déménagé au début 2005, dans un espace à la dimension de ses ambitions et de son personnel – entre 15 et 18 personnes, selon la saison -. L’inauguration a eu lieu le 21 mai 2005.